Transcription
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Monsieur, j’ay receu la lettre du XVIe. Je loue Dieu de la continuation de votre santé et de [celle de]
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vostre compaignie. Je suis très ayse d’avoyr entendu qu’ayés appoincté avec monsieur d’Euriage. La despêche
3que je vous fis avant hiert estoit playne de doubte de la desfaicte du duc de Médinacelly. [barré : Il est ]
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Elle est toute certayne. Monsieur de Janly en est venu pourter les nouvelles de toute asseurance.
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Ledit duc s’est sauvé. le désastre luy survint à ung lieu nommé l’Escluse, comme il volloit prande
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une rivière qui alloit à Anvers nommé l’Esguau. Ladite défaicte n’est point si importante au duc
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d’Albe, comme XX navires qu’ilz ont prinses qui estoyent chargées de marchandise comme espisseries.
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Les huguenotz asseurent et ce font ouyr qu’ilz ont prins ses centz mille esculz qui estoyent dans les
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dites navires. Si cela a lyeu, j’estime que c’est la bonne prise. L’on tient pour vray la prinse de
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Lisle de Mille de bourc où Beouviés estoit dedans, gentilhomme flamant fort estimé et aymé du
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duc d’Albe. Il endura quelque assault et en après rendit la ville par une composition fort belle
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et honorable. On luy gardoit la foy et à toutz les Espaignolz qui estoyent avec luy ; l’on dit que le
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prince d’Ourange tient toute la Frise, l’Ollandre et l’Islandre. L’on a aussi nouvelles que le prince
14d’Aurange c’est battu [barré : en o ] avec l’évesque de Lyège qui le voulloit empescher de passer
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ce que ledit évesque n’a seu. Monseigneur de Guise m’a monstré des lettres escrites à Venise du XIIIIe
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du présent de monseigneur le marquis son frère, lequel devoit s’embarquer au bout de troys ou IIII
17jours pour s’en aller trouver l’armée de Don Joam d’Austrye qui c’estoit engoulfrée pour aller an [barré : Corfo ]
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Courfou. Le roy s’en va demain à la fourès de Liions, ce sera à se metre par eau à Sainct-Germain
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jusques au dit lyeu, et revenyr par la poste. Il ne demeurera que set ou huit jours. les reynes ne bougent
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de Bouloigne. on faict plaisir au roy de le laysser seul. nous ferons cependant la court aux reynes.
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Je n’ay rien oublyé qui mérite vous escrire, qui me fera saluer voz bonnes graces par mes très
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humbles recommandations, priant notre seigneur vous donner
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Monsieur, très bonne santé et hereuse vye. A Parys, ce XXVe juing [1572].
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Vostre très humble filz et affectioné serviteur à jamays
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Hourche
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Monsieur, vous ne trouverés mauvays si à ce coing de lettre , je présente mes très humbles recommandations aux bonnes graces de
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madame et de messieurs d’Evênes et de Laval. Mon frère de Guarguas et ces compaignons ce pourtent bien.
